Les grandes réconciliations ont parfois des airs de répétition. Lille reçoit Brann et, surprise, tout le monde a déjà une histoire à raconter. Le LOSC récupère Marius Broholm, 20 ans, de retour après deux matches d’absence. Osame Sahraoui, probable titulaire et international marocain né à Oslo, figure aussi sur la feuille : il a inscrit quatre buts contre Brann lorsqu’il jouait pour Valerenga. Aucun mystère n’entoure la pelouse, juste des visages connus et quelques statistiques qui font office de programme.
L’adversaire ne manque pas d’arguments non plus. Brann pointe au 3e rang de son championnat, à six points du leader Bodo Glimt, et affiche une série de huit matches sans défaite, dont sept victoires. Le coach Freyr Alexandersson, 42 ans, arrive avec un CV récent en Belgique : deux saisons passées à Courtrai (2023-2025). Il le dit lui-même sans détour : « Je connais très bien Lille […] Mon épouse et moi adorons cette magnifique ville. » Un entraîneur qui parle d’affectif et de stratégie n’est pas toujours synonyme de révolution, mais ça rassure les voyages scolaires et les souvenirs de quartier.
Le discours d’Alexandersson se veut à la fois personnel et analytique. Il évoque ses enfants scolarisés à Lille, sa maîtrise du français dans la maison, et sa lecture du modèle lillois : un club qui développe, revend et dégage de la plus-value chaque été. « Je suis curieux de voir comment Bruno (Genesio) va encore bonifier son équipe cette année », confie-t-il, avant de glisser le compliment qui sert d’aveu : il suit depuis des années des éléments comme Hakon Haraldsson et un effectif qui change sans que le style ne plie. Les faits sont nets : un entraîneur norvégien, un club norvégien en forme, et un adversaire français habitué à transformer ses jeunes en monnaie d’échange. Le tout avec un soupçon de nostalgie : « Ce stade où je suis venu à de nombreuses reprises dégage une atmosphère particulière », répète-t-il, comme si les gradins avaient aussi leur CV.
Reste la cuisine du match. Rarement un affrontement aura eu aussi peu de secrets : joueurs retrouvés, entraîneur nostalgique, statistiques confortables. Le goût attendu sera celui d’une confrontation entre un LOSC qui continue à voir grand en vendant bien, et un Brann qui présente des certitudes récentes. Les contours sont tracés sans excès de lyrisme. Les dialogues sont courts, les protagonistes connus, et la suite tiendra sur ce mélange de proximité et de forme actuelle. Pour les spectateurs en quête d’inattendu, il faudra peut-être chercher ailleurs ; pour les amateurs de récits déjà écrits, la pièce promet d’être servie sans aucune improvisation.











