Après des mois de rumeurs et une confirmation non officielle début septembre, Jean‑Michel Aulas a tiré le corner officiel jeudi : il est candidat à la mairie de Lyon. L’ancien président de l’OL (1987‑2023) a envoyé aux habitants une lettre présentant son mouvement « Coeur Lyonnais ». « Ma candidature ne sera pas celle d’un parti, mais celle d’un Lyonnais issu de la société civile qui s’engage pour sa ville », y lit‑on, formule soignée et calibrée pour réseaux et banderoles. Grégory Doucet, l’écologiste qui dirige aujourd’hui la ville, voit donc débouler sur la pelouse municipale un joueur connu du public.
Dans sa lettre, Aulas répète des mots déjà circulés ces dernières semaines sans vraiment préciser le plan de jeu : « Les programmes tout faits ne m’intéressent pas », écrit‑il. Il promet néanmoins d’aller à la rencontre des Lyonnais pour définir sa ligne, centrée sur l’ambition de « rendre [leur] ville » aux habitants. À 76 ans, l’ancien patron du club rhodanien se présente avec un CV long comme un tableau de statistiques et un rôle actuel au sein de la Fédération : il est vice‑président délégué de la FFF, fonction qu’il pourra conserver s’il devient maire. Les appuis ne se font pas attendre. Laurent Wauquiez et Pierre Oliver, figures de la droite auvergnate‑rhône‑alpine, ont déjà affiché leur soutien ; Pierre Oliver a expliqué renoncer à se présenter à Lyon pour se ranger derrière Aulas. Gabriel Attal, ancien Premier ministre et patron du parti Renaissance, ainsi que le parti Horizons d’Édouard Philippe, ont également apporté leur bénédiction lundi.
Sondages et calendrier donnent le tempo. Un modèle Harris Interactive publié fin juin plaçait Aulas en tête dans le scénario où Horizons, Renaissance, Les Républicains et le Modem le soutiennent conjointement. Les élections municipales auront lieu les 15 et 22 mars 2026, et le coup d’envoi de la campagne d’Aulas est programmé vendredi soir avec un meeting dans le quartier de la Confluence. Stratégie visible : nom de mouvement, promesse de proximité, ralliements nationaux. Reste le vide du plan détaillé, assumé par la phrase « Les programmes tout faits ne m’intéressent pas », qui fait office de tactique pour masquer l’absence d’annonce chiffrée.
La lecture est simple et familière. Mouvement à la carte, posture « société civile », large rassemblement d’appuis politiques — les ingrédients d’une campagne moderne sont tous là. On observera désormais si la méthode « rencontre des Lyonnais » devient réalité concrète ou reste une variable d’ajustement médiatique. Pour l’instant, la scène est dressée : un candidat connu, des soutiens de poids et un meeting à la Confluence pour lancer la première montée des tribunes. Les Lyonnais auront le temps de juger si le « Coeur Lyonnais » bat pour eux ou s’il s’agit surtout d’un nouveau maillot pour un entraîneur de longue date.











