Ronaldo, double champion du monde, a pris le micro à São Paulo et a remis Neymar au centre du tableau comme on replace un trophée poussiéreux dans une vitrine trop petite. Lors d’un événement publicitaire où Neymar était présent, R9 a affirmé que « Nous n’avons pas d’autre footballeur comme Neymar » et a insisté : « nous espérons qu’il sera à 100 % pour la Coupe du monde ». La déclaration a le mérite de la clarté : l’idole parle pour l’idole, avec la conviction d’un homme qui a vécu des Coupes du monde et qui sait reconnaître une légende — ou au moins son nom.
La chronique factuelle est moins romantique. Neymar a rejoint Santos en janvier et y est « régulièrement aligné », selon le même texte. Statistiquement, il reste le meilleur buteur de l’histoire de la Seleção avec 79 buts en 128 matches. Cependant, il n’a plus porté le maillot brésilien depuis octobre 2023, suite à une grave blessure au genou subie contre l’Uruguay. Carlo Ancelotti, qui ne l’a pas convoqué pour les derniers matches de qualification, a expliqué que le joueur devait « arriver dans une bonne condition physique pour aider l’équipe nationale à donner le meilleur d’elle-même lors de la Coupe du monde ». Le Brésil s’est malgré tout qualifié pour la Coupe du monde 2026 en Amérique du Nord, en se classant 5e de la zone Amérique du Sud.
Remarquer l’ironie n’est pas être désobligeant : le message de Ronaldo sonne comme une pétition de principe. D’un côté, un attaquant de 33 ans, régulièrement mis en avant par son club et auteur d’un palmarès personnel indéniable. De l’autre, une sélection qui a poursuivi sa route sans lui et qui termine 5e des qualifs sud-américaines — résultat concret, pas slogan. Ancelotti a choisi la prudence en expliquant que Neymar doit être en condition. Ronaldo, lui, préfère rappeler l’inestimable valeur du joueur : « un joueur déterminant pour la Seleçao », a-t-il dit. Les faits consignent les deux positions. Reste à voir si la condition physique suivra la rhétorique.
Pour conclure sans emphase inutile : tout le monde souhaite voir Neymar à 100 % pour 2026, surtout Ronaldo. Le Brésil s’est qualifié sans lui, ce qui rend la nécessité d’un retour d’autant plus politique que sportive. Espérer que le genou tienne et que la forme arrive n’est ni une garantie ni une stratégie. Le temps dira si la Seleção aura vraiment besoin d’un seul nom pour se rassurer, ou si la route vers le Mexique, les États-Unis et le Canada se fera sans dépendre d’une figure emblématique rembobinée par le glamour et la nostalgie.











